Retour de Washington. Oui, vous avez bien lu, nous avons surmonté notre répugnance de la route et pris la direction de la capitale fédérale. Tous les indicateurs étaient au beau fixe : temps bleu et trafic fluide.
Washington est aussi plate et étendue que New York est dense et en hauteur. Des boulevards interminables portant chacun le nom d'un Etat traversent la ville de part en part. C'est la
Connecticut Avenue puis la Wisconsin qui nous conduisent à notre hôtel. Aussitôt arrivés, nous nous précipitons vers la Georgetown University où nous avons rendez-vous avec un tableau mythique.
Le campus est agréable, les étudiants circulent tranquillement. De petites maisons de toutes les couleurs bordent les rues aux allures européennes.
Le lendemain, nous descendons la Massachussetts Avenue pour rejoindre le Mall et ses musées. En chemin, le taxi nous énumère toutes les ambassades qui composent la "Embassy Row", puis il nous indique l'immeuble du FBI, le Department of Justice, les National Archives... à chaque fois les bâtiments sont d'une dimension impressionnante. Sur le Mall nous nous sentons très petits. La perspective s'étend sur plus de 3 km entre le Lincoln Memorial et le Capitol Hill.
Par où commencer ?
Notre choix se porte sur le National Air and Space Museum. Nous entrons dans un hall ... immense et déjà nos yeux ne savent où se poser : au plafond des avions de toutes les époques, des engins en tout genre, des fusées, jeeps lunaires, SS 20, Pershing ... L'histoire de l'aviation est présentée en détail et de façon interactive dans une succession de salles. On se prend pour le pilote ou le passager et on a la tête dans les nuages, sur la lune ou plus loin encore dans le système solaire .
Nous passons plus de deux heures entre air et espace, le temps s'est arrêté, et vient le moment de changer d'air. Le musée voisin nous attire par
ses formes avantageuses : il est bâti tout en courbes et dans une pierre d'un ocre jaune engageant. Le National Museum of the Amerian Indian nous fait entrer dans l'univers des premières nations.
Chaque tribu nous parle de vie proche de la nature, de gratitude pour la variété de ses dons, d'équilibre maintenu avec l'aide des esprits favorables, de traditions à transmettre aux nouvelles générations, de la difficulté de vivre l'identité indienne dans le monde d'aujourd'hui, que ce soit dans le grand nord, parmi les tribus Inouites qui connaissent la neige comme personne, dans les tribus d'Amérique du Sud et des Caraïbes, en passant par les Nez Percés spécialisés dans l'élevage de chevaux.
Le contraste avec le musée précédent qui célébrait la victoire de l'homme sur la force de la gravité, et où la nature était vue comme l'ennemi à combattre, est rude. Nous avons l'impression d'avoir changé de planète.
Entretemps la pluie nous oblige à faire une pause bienvenue. Nous en avions oublié de manger !
Reposés et revigorés nous nous dirigeons cette fois vers l'aile ouest de la National Gallery of Art.
Changement radical d'ambiance : imaginez un temple grec avec son fronton et sa rangée de colonnes au sommet d'une volée d'escaliers. A l'entrée, une rotonde scandée de majestueuses colonnes noires accueille les visiteurs qui se sentent, une fois de plus, écrasés. Le tour des "highlights" recommandés par le conservateur est le fil de notre visite car les forces de nos troupes déclinent rapidement, découragées par les nombreuses salles à visiter et par nos cris d'admiration!
A 17h la cloche retentit : closing ! Good evening !
L'un des nôtres se réjouit, nous nous résignons à quitter ce lieu qui nous enchante. Il y a tant à voir ! Et dire que l'aile est nous nargue de l'autre côté de la 4ème rue...
Les yeux pleins d'époques et d'univers différents, nous remontons vers notre hôtel.
Anne

